Stupeur et tremblements

Jusqu’ici, tout va bien, jusqu’ici tout va bien

Vous rappelez vous de cette phrase? Dans le film La haine, de Matthieu Kassovitz… l un des acteurs, en chute.

Au lendemain de l’élection au Sénat d’Alexis Thambwe Mwamba, certains sont entre colère et stupeur.

Le déboulonnage attendu semble se faire attendre.

Quel lien avec la chute du film? Ceci me rappelle une chute, que le protagoniste ne peut que constater.

Pourtant, on clame, nuit et jour ses succès, la détermination, la popularité et Bam!, le lendemain une autre bataille de perdue.

Guys, do what really matters!

Internet, quelle abomination !

Je suis un passionné des nouvelles technologies, Internet particulièrement. Et ce, depuis ma plus tendre enfance.

Néanmoins, de nos jours, je commence à voir cette technologie, plus particulièrement les réseaux sociaux, comme ces monstres présentés au cinéma il y a quelques décennies.

Des monstres, créés par l’homme, qui prennent le contrôle de la planète. La révolte des machines.

Particulièrement, dans le moment particulier que nous vivons dans notre pays, la République Démocratique du Congo.

Pays dans lequel la politique occupe tous les débats, toutes les conversations…

Et quelle politique! Tous les documents officiels, venant des plus hautes instances du pays, se retrouvent, quasi instantanément, partagé via les réseaux sociaux.

Quand dans les débats ou, de manière plus appropriée, les échanges volent au ras des pâquerettes!

Les réseaux sociaux tuent l’Internet!

C’est décidé, je retourne à mon réseau social à moi tout seul: le blog!

Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles.

Umberto Eco

« Fils de… »

Tiré de faits réels

Quand on parle de « fils de…. », en réalité on parle de deux catégories, très différentes, de personnes.

Si, en lisant ceci, tu considères une autre catégorie encore… il serait temps que tu sièges vers un autre site.

Les deux catégories sont, selon moi (et c’est mon blog): les « fils de… » vivants et les « fils de… » morts.

Désolé d’être aussi direct, encore plus désolé pour ceux qui ont perdus leurs proches. Mais, il y a un problème et l abcès doit être crevé à un moment ou à un autre.

Après une demi-heure, dans les boîtes de nuit des grandes villes congolaises, vous aurez entendu le nom de x % de la classe politique, ou économique congolaise. Sont-ils présents? Probablement pas!

Ce qui est plus probable, leurs progénitures dans les environs.

Des grands prêtres! Boss! Le Bill Gâtes congolais!

Quelques heures/jours plus tard, vous entendrez le nom d’autres, souvent accompagnés de sarcasmes sur leur décès.

Et oui! L’homme, ou la femme, plus ou moins jeune, aurait perdu la vie, c’est la première fois que son nom te parviens. Tu cherches même: « ces parents, c’est qui en fait? »

Saches que, tout ceux qui se réjouissent, et toi, qui les accompagnes, c’est vous les vrais sorciers!

Un autre jour, peut-être, j’en dirais plus sur cette affaire.

Sécurisation des élections en RDC

Mise au point

D’emblée, je voudrais apporter une précision sur l’objectif de cet article. Lorsque je parle de sécurisation, je ne fait référence qu’au processus de vote, de compilation  et de publication des résultats.

Je n’aborderais donc pas les questions « sécuritaires » dans le sens de la protection physique des électeurs ni du personnel et matériel impliqué dans le processus électoral.

Pour éviter la confusion, dans la suite de cet article, je parlerais donc de la « sécurisation du résultat des élections ».

La problématique

Au centre du débat sur le processus électoral de 2018 en RDC, en réalité celui de 2016 glissant, se trouve la question de l’usage de la machine à voter.

Le débat repose sur la suspicion d’un certain nombre d’acteurs, non négligeables ni en qualités et ni en nombre, que cette machine servira d’instrument pour une tricherie à grand échelle. Laquelle tricherie serait, évidemment, organisée par le pouvoir en place, avec la complicité de la CENI.

Cet article se veut une approche scientifique et non partisane sur la question.

Sécurisation des résultats des élections, quezaco?

Lorsqu’on parle de sécuriser des résultats d’élections (quel long titre, mais prudence oblige), la norme recommande les trois critères suivant:

  1. Garantir l’exercice du droit de vote de chaque citoyen.
    Aucun citoyen jouissant de ses pleins droits civiques, ne pourrait être écarté contre son gré du processus électoral.
  2. Garantir le secret du vote.
    La violation du secret du vote peut avoir différentes influences néfastes sur la crédibilité du résultat. D’une part, nous avons les électeurs qui votent contre le gré, de peur de représailles d’un camp pour lequel il n’aurait pas voté. Dans l’autre sens, il protège contre le risque de votes motivés par une rétribution financière.
  3. Garantir que le choix de chaque électeur, soit pris en compte dans le résultat, et pris tel que l’électeur a voulu exprimer.
    Ce dernier est le plus complexe! Autrement dit, éviter une mauvaise interprétation, un détournement, du choix que l’électeur voulait exprimer. Ou encore le bourrage d’urnes, qui ne correspond à aucun électeur.

Quid dans le processus en RDC?

La machine à voter a été introduite en RDC dans un contexte du cycle électoral de 2011, avorté pour raisons budgétaires.

Mais parcourons tout cela, du point de vue des trois points mentionnés ci-dessus:

Garantir l’exercice du droit de vote de chaque citoyen

Le cycle de 2016+, qui signifie 2016 avec le glissement qui nous mène en 2018, contrairement aux précédentes compte de nouveaux cycles. Nous aurons donc:

  • Les présidentielles, réalisées en 2011
  • Les législatives nationales, réalisées en 2011 également,
  • Les légistlatives provinciales, avortées en 2011,
  • Les locales (dont certains des aspects passent en suffrage indirect), nouveautés du cycle électoral de 2018.

L’avortement du processus de 2011, constitue une violation du point 1 du principe de sécurisation des élections énoncé plus tôt. Les électeurs, dans leur ensemble, ont été privés du droit de choisir leurs représentants provinciaux.

Okay, assez du passé, à présent voyons le futur.

Les critiques de la machine à voter mentionnent le temps requis, pour un non lettré informatique, de réaliser le vote via la machine  voter. Le sénateur Jean-Pierre Bemba a annoncé qu’il lui a fallu près de 6 minutes, pour faire son vote (j’imagine qu’il a fait son troll dans le process). Ceci signifie qu’il faudrait 60 heures pour 600 votants par bureau de vote. Ceci considère une machine à voter par bureau de vote.

Son argumentation tient donc dans le fait que le vote en une journée risque de priver les électeurs de ce premier principe. « Le droit de participer à l’élection » serait donc menacé par un élément de temps matériel.

Ceci constitue l’un des arguments qui me « parle » le plus, car représente un réel risque. Mais ce risque peut être circonscrit:

  • En préparant les électeurs en amont. Vœux pieux, mais sur le long terme, avec la multiplication des cycles électoraux, nos électeurs s’y habitueront. Je le conçoit aisément, cet argument ne plaide pas pour ce cycle ci.
  • En allongeant le nombre de jours de vote. Ce ne serait pas une première! en 2011 la durée de vote a été également prolongée.

Ma recommandation sur ce point à la CENI serait de le préparer et non d’improviser.

GARANTIR LE SECRET DU VOTE

Ce serait en apparence facile à gérer. Les machines à voter se trouvent dans des isoloirs, mais quid des « illétrés informatiques »? se feront-ils assister? et par qui?

Imaginons un instant que ce soit des agents de la CENI, considérés pour un certain camp comme des alliés du pouvoir en place. Alors il y aurait un danger clair sur les déviances liées au secret du vote.

A mon sens, le meilleur moyen de circonscrire ce risque est l’ergonomie et la facilité d’utilisation. Permettre à chaque personne sachant lire et écrire de voter sans assistance.

Personnellement, je n’ai pas testé la machine à voter et ne peut